VIA - Le billet: Interdit
Enfin les vacances. Ce que nous voulons, c'est quitter au plus vite la maison, le bureau et le train-train quotidien. Les vacances signifient se coucher tard, dormir longtemps, boire davantage, manger à la carte, passer du temps en famille et entre amis et, pour moi en tout cas, s'adonner au farniente. Tous en ont besoin, même le pape Benoît XVI qui passe ses vacances au Val d'Aoste, curieusement la région la plus protestante de la République. Sa Sainteté Papa Ratzinger aurait-il lui aussi besoin d'un peu de distance? Car la vie de tous les jours au Vatican, véritable salle d'attente du paradis, peut être terriblement ennuyeuse, surtout en pleine canicule estivale - un Inferno. - Alors, au plus vite VIA!
Certaines petites particularités jouent évidemment aussi un rôle majeur pendant la période de vacances: nous nous rendons en Grèce afin de pouvoir y rouler en scooter sans casque, en Allemagne pour pousser les voitures à des pointes de 250 km/h et en Italie pour goûter au dolce far niente. Nous nous ouvrons au désordre du hasard, au chaos sans règles où, curieusement, tout finira quand même par fonctionner. Est-ce vraiment encore le cas?
J'ai fait un jour un petit inventaire de quelques récentes interdictions:
Milan: pas de musique sur les terrasses de café à partir de 23 h 30.
Capri: interdiction de se promener en sabots dans le village.
Mondello (Palerme): silence absolu de 14 h à 16 h.
Venise: interdiction générale de pique-niquer.
Bologne: pas d'alcool dans les rues à partir de 21 h 30.
Riviera ligurienne: vente de boissons en bouteille de verre prohibée après 22 h.
Padoue: les vélos non stationnés aux emplacements prévus à cet effet sont confisqués par la police.
Viareggio (Toscane): interdit de s'allonger sur les bancs publics et de se promener en maillot de bain.
Même si l'une ou l'autre interdiction est justifiée, les Italiens et les amoureux de l'Italie ne s'y sont pas encore habitués. Et leurs visages expriment la surprise quand ils voient l'amende salée qui les menace. Après une petite semaine passée en Italie, on se réjouira de rentrer en Suisse où tant de choses sont pourtant interdites. Or en Suisse, on s'y est habitué. - Pourquoi? C'est comme ça, un point c'est tout.


